(crédit photo : © Philippe Hurlin)
PIERRE-ANDRÉ VALADE

Comme de nombreux autres mélomanes, j’ai connu le nom de Pierre-André Valade et son talent au travers de plusieurs disques de flûte, notamment chez Adda. Puis j’ai appris à le connaître comme chef d’orchestre, essentiellement d’œuvres contemporaines. Et puis un beau jour, c’est pour Timpani qu’il a dirigé. La fierté pour un label indépendant. Il faut dire qu’il avait été engagé par le Philharmonique du Luxembourg, invité à Musica de Strasbourg pour créer le Cyprès blanc de Hugues Dufourt, vaste pièce, véritable exploit mêlant un alto solo (celui de Gérard Caussé, pas moins !) à un grand orchestre traité dans une optique spectrale. C’est dans une telle gageure que l’on peut apprécier l’art du chef, je veux dire l’investissement d’un être humain à communiquer à d’autres — les instrumentistes — l’essence même de l’œuvre, ce qui la fait vivre à l’instant présent. Cela suppose bien entendu une parfaite compréhension de la partition, mais tout autant l’enthousiasme et la patience, ce qui peut apparaître antinomique. Il faut insuffler la passion, l’envie de jouer, et dans le même temps être aux aguets d’une musique qui ne peut souffrir l’à-peu-près. J’ai été conquis comme beaucoup d’autres par ce caractère en apparence docile, mais très lucide et ne cédant rien de ce qui est l’âme même d’une œuvre. Pour cet enregistrement Dufourt (1C1112), il est aujourd’hui récompensé (Diapason d’or de l’année, Grand Prix du Disque Interprète Musique Contemporaine). C’est bien mérité.

ST


Disques

1C1112 1C1195
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